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Viande de boeuf biologique
Hervé Paris, éleveur bio à Trans la Forêt (35) DU PRODUCTEUR AUX CONSOMMATEURS |
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Et si tout le monde passait en bio ... Lors du dernier SPACE, la chambre régionale d'agriculture a fêté le franchissement du cap des 1000 producteurs bio en Bretagne. Loin de l'autosatisfaction, la FRAB a rappelé lors de cet événement que cela fait plus de 5 ans que ce cap aurait dû être franchi et que nous sommes encore loin des objectifs du grenelle de l'environnement qui fixe un premier objectif en 2012 de 6% de fermes bio, et un second de 20 % en 2020. Au delà de ces objectifs chiffrés, nous sommes parfois interpellés par des réflexions du type si demain tout le monde passe en bio les prix vont s'écrouler, si toute la planète passe en bio on va crever de faim... Voici quelques pistes de réflexions pour faire avancer le débat. Tout d'abord un constat, malgré une agriculture intensive développée à outrance dans les pays dits développés tout le monde ne mange pas à sa faim dans le monde, le simple fait de produire beaucoup dans une partie du globe ne suffit pas, les échanges économiques ne permettent pas l'accès à la nourriture à tous. L'agriculture des pays en émergence n'est pas basée sur des cultures vivrières, mais sur des cultures exportatrices non rémunératrices pour ses producteurs, en contre partie, les pays développés envoient leurs surplus alimentaires avec le soutien important de subvention vers ces pays (exportations qui souvent concurrencent le marché local,..). Aujourd'hui dans les pays développés, les différences de rendement entre agricultures chimiques et bio sont d'après différentes études de l'ordre de 20% en moyenne; autre constat l'augmentation de productivité en conventionnel semble s'essouffler malgré des molécules chimiques de plus en plus performantes (le sol ne les supporterait t-il plus ?). Dans !e même temps les rendements en AB ont plutôt tendances à s'améliorer du fait d'une recherche un peu plus active : variétés plus résistante matériels plus performants ... On peut imaginer que si les budgets octroyés à la recherche en agriculture chimique depuis 40 ans sont identique pour l'agriculture bio, dans les 40 ans qui vienne les choses devraient évoluer! Dans les pays en voie de développement, l'agriculture bio permet souvent de meilleurs rendement notamment dus à une meilleure gestion de la matière organique et donc une meilleure résistance la sécheresse. Les producteurs sont aussi moins dépendants des grands groupes de la pétrochimie qui les endettent sur du long terme. Seconde réflexion, si la production bio augmente de trop les prix vont s'écrouler . Plus il y a de producteurs bio, plus la consommation évolue. En effet cela permet de toucher un public plus large de part l'aspect géographique (plus facile de consommer bio lorsque l'on a des producteurs proches) que par l'aspect relationnel (on parle tous avec conviction de notre métier et nous informons les personnes que l'on côtoie sur ce qu'est la bio) Aujourd'hui plus d'une ferme bio sur deux pratique la vente directe en Bretagne, c'est aussi notre force. Nous devons continuer de réinventer des circuits de distribution plus courts, plus équitables. Nous avons des ressources, des idées et de envies alors avançons et ne craignons pas d'être trop nombreux à pratiquer une agriculture qui respecte les hommes, les animaux et l'environnement. J-P GABlLLARD
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